Si le temps a passé aussi vite c'est en grande partie grâce à la présence de Placid. Celui-ci s'est lancé dans l'aventure de réaliser des dessins à la gouache et au pastel de la ville de Niamey. Je l'accompagne le plus souvent possible dans ses virées pour apprendre "sur le tas" des techniques qu'il pratique avec virtuosité bien que nouvelles pour lui. Auparavant, il est est allé se promener avec sa famille sur le fleuve pas très loin de chez moi, à Gaya. Il n'a pas eu l'occasion de réaliser beaucoup d'images, mais celles-ci donnent une idée de ses premiers émois...
lundi 16 novembre 2009
Un dessinateur français sur le Fleuve Niger
Si le temps a passé aussi vite c'est en grande partie grâce à la présence de Placid. Celui-ci s'est lancé dans l'aventure de réaliser des dessins à la gouache et au pastel de la ville de Niamey. Je l'accompagne le plus souvent possible dans ses virées pour apprendre "sur le tas" des techniques qu'il pratique avec virtuosité bien que nouvelles pour lui. Auparavant, il est est allé se promener avec sa famille sur le fleuve pas très loin de chez moi, à Gaya. Il n'a pas eu l'occasion de réaliser beaucoup d'images, mais celles-ci donnent une idée de ses premiers émois...
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un dessinateur parisien à Niamey
Petite fin
Mon frère Moussa est venu voir l'expo au pot de clôture ! Il n'est venu que très peu de monde. J'espérais que les "expats" français, les profs du Lycée Lafontaine - réputés acheteurs d'art - viendraient. Mais non. Heureusement une jolie petite dame mauricienne m'a acheté les deux peintures-affiches inspirées par le FIMA... pour la chambre de son fils. Simon, 9 ans, semblait très content. De toutes façons, je peux affirmer que l'exposition a un très bon bilan, grâce au soutien constant du CCFN, qui m'a acheté 2 grands tableaux - Jean Rouch et Damouré Zika. Espérons que cela lui portera chance dans son projet de Centre de Documentation Jean Rouch !
J'aurais vendu presque une dizaine de peintures !
samedi 14 novembre 2009
Le cri
J'avais des tas d'idées pour rendre un peu plus vivant le lieu de l'exposition mais j'ai été dépassé par le temps. Je me suis alors contenté de me concentrer sur la réalisation d'une dernière peinture : Le cri - parenté à plaisanterie avec Edward Munch. J'ai songé à cette part de ville morte dans la vie de Niamey que représente l'insalubrité de la rue...
Le prisonnier
Nous nous sommes servis du tableau acheté par Laurence Graffin pour réaliser une carte postale en guise d'invitation pour un pot de décrochage et compenser son absence de l'exposition. Mais il y avait un trou troublant dans le linéaire des miniatures exposées ! Pour le combler, j'ai réalisé ce tableau - Le prisonnier. Très rapidement parce que je savais exactement où j'allais. J'ai déjà traité le sujet dans ma B.D. Cette femme qui emporte les chaussures de l'homme enchainé résume une histoire d'amour éternel.
Moby Dick

L'exposition est arrivée à son terme et il s'est passé beaucoup de petites choses positives durant ce temps. Les jours ont été bien remplis ! Un entretien sur RFI m'a valu de nombreuses félicitations de mes voisins, de ma famille et de mes collègues dessinateurs. Ce fut bien agréable à vivre. Je me suis également senti gratifié par le soutien des quelques personnes qui ont acheté des peintures avec un enthousiasme communicatif. Parmi elles : Laurence Graffin, épouse de Denis Vène, autrefois ambassadeur à Niamey, qui tient à Paris la Galerie Jasuka, spécialisée dans la vente d'objets d'art contemporains provenant du Paraguay et du Niger ! Elle est tombée amoureuse de La chasse à l'hippopotame qui lui rappellait Bataille sur le grand fleuve, son film préféré de Rouch, et Moby Dick, un de ses livres de chevet. Il faut absolument que tu lises ce livre, m'a-t-elle dit avec ardeur !
Hondia et quelques touches finales
Hondia a plu à Placid et Fanfan. Ils ont acheté la peinture au vernissage. Quelque chose de Niamey, ont-ils pensé. J'avais retouché quelques détails depuis sa publication dans le blog. Dias, qui aimait bien ce tableau - le premier que j'ai fait - sera content ! Peut-être pourra-t-il la revoir chez Placid, à Paris ?
J'avais également un petit peu retouché la peinture sur le holley et celle sur le maquis au bord de l'eau.
Madame Sabot
J'ai fini ma première série de peintures par ce tableau que certains, durant le vernissage, se sont amusés à commenter. Une peinture à bavardages.
Madame Sabot a longtemps hanté mes souvenirs. On disait que c'était un génie incarné en une femme vengeresse, au pied animal, qui aimait à persécuter les maris volages. Cette histoire, que l'on a, durant un certain temps, raconté dans tout le Niger, m'effrayait. Un soir, un de mes frères décida de la défier, il pria Dieu de la mettre sur son chemin. Après avoir traîné toute la nuit, il est rentré sans dire un mot... Nul ne vous disait l'avoir rencontré mais chacun connaissait quelqu'un qui l'avait croisé...
Au vernissage, certains se sont souvenus de l'époque où il était tant question de Madame Sabot. Cela date des années 70. Certains quartiers de Niamey passaient pour dangereux à cause de sa présence.
A partir de là, j'ai brodé une autre histoire énigmatique...
dimanche 25 octobre 2009
Et le vernissage ?
Ex
Que dire ? Quelques amis peintres et dessinateurs, Madame Holleville, épouse de l'Ambassadeur de France, des représentants de la même ambassade, des tas de gens qui s'amusaient bien en détaillant mes images et une équipe de télévision. L'arrivée de France, du dessinateur et peintre Placid. Et puis, la nuit, le silence...
Que dire ? Quelques amis peintres et dessinateurs, Madame Holleville, épouse de l'Ambassadeur de France, des représentants de la même ambassade, des tas de gens qui s'amusaient bien en détaillant mes images et une équipe de télévision. L'arrivée de France, du dessinateur et peintre Placid. Et puis, la nuit, le silence...
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Princesse Fima
Durant les deux dernières nuits précédant le vernissage, à la lumière d'une lampe-torche, j'ai réalisé deux grandes cases de B.D en affiches-peintures. Le lieu était si vaste que mes peintures de petit format étaient devenues des miniatures. Il fallait que le sanctuaire de l'invisible se peuple ! C'est comme ça que je me suis amusé à détourner l'affiche du Festival International de la Mode Africaine (FIMA), qui aura lieu la semaine prochaine.
Au vernissage, certains m'ont demandé la signification de ces deux images. Ils avaient oublié que le Dinosore - un des plus beaux fleurons de notre patrimoine culturel - trônait à quelques pas de là, presque en face du CCFN, au centre du Musée National !
"Mais tout simplement, une nouvelle version de La belle et la bête !" Ou une variante du fameux comme si de Jean Rouch ! Comme si la bête, incarnant la force primitive des origines, pouvait surgir tout à coup des profondeurs du Fleuve et, comme King Kong, ravir la belle créature des images modernes : la princesse Fima.
mercredi 21 octobre 2009
Le miracle du Solani
J'ai souvent entendu des enfants raconter que Damouré Zika sortait parfois dans les rues pour distribuer des paquets de Solani. C'était un double miracle, pour les petits : voir en vrai le grand personnage et savourer gratuitement la boisson.
Voilà mon dernier tableau, de nature fabuleuse, de la série invisible...
L'exposition devrait déjà être accrochée depuis deux jours...
Je suis en retard et plein d'anxiétés car demain, c'est le vernissage.
L'espace d'exposition du CCFN est si vaste ! Et mes peintures, prévues initialement pour Tawédo, la galerie de Diaz et Stéphanie, sont toutes petites.
Dans la foulée, pour relier théâtralement entre elles toutes mes images, je réalise deux monochromes de 70 x par 100 cm qui feront, je l'espère, rire et rêver les visiteurs. Elles ne seront terminées qu'au tout dernier moment...
samedi 17 octobre 2009
La deuxième épouse
L'oasis
Il m'arrive souvent de rêvasser au courage de ces femmes Bororo marchant longuement à travers les espaces désertiques pour aller s'approvisionner en eau... Des bribes de roman, ou de bande dessinée.
Cette image m'a permis un doux répit. J'ai oublié, en la faisant, mes interrogations sur la peinture, ma situation d'écartèlement entre de simples songeries poétiques et des images traduisant le choc du vingt et unième siècle dans l'Afrique d'hier, qui est toujours l'Afrique d'aujourdhui.
vendredi 9 octobre 2009
L'invisible selon Ben Okri
Il vaut mieux être invisible. Il avait une vie meilleure quand il était invisible, mais à l'époque il ne le savait pas.
C'est la première phrase d'un roman étrange de Ben Okri intitulé Etonner les dieux.
Deux paragraphes plus loin :
Ce fut dans les livres qu'il apprit d'abord quelque chose sur l'invisibilité. Il rechercha les siens et lui-même dans tous les livres d'histoire qu'il lut et découvrit, au plus grand étonnement de son jeune âge, qu'il n'existait pas.
Impossible de ne pas penser à De Chirico dans les paysages oniriques décrits par l'auteur nigérian.
jeudi 8 octobre 2009
Rituel du lafazenda
mercredi 7 octobre 2009
Jean Rouch, années 50
Jean Rouch, absorbé par la vue du Fleuve, a délaissé sa caméra. Dans sa méditation, il ne voit pas Harakoy Dikko - la divinité de l'eau - à laquelle il consacrera des décennies d'étude. Il est à l'aube de son avenure au Niger. Elle le tient dans son influence, mais, lui, il ne le sait pas. La vérité n'est pas de nature anthropologique, mais poétique.
vendredi 2 octobre 2009
Les loopings de Moustique

Graphiste, au CCFN, Moustique m'aide à préparer mes images pour le blog. Il travaille également à la mise en page et à la mise en couleurs du récit de politique-western que je prépare avec Alfred Dogbé. Moustique s'est amusé à reprendre un de mes dessins, le "nettoyer" et le mettre en couleurs. L'haltérophile est notre héros principal - le président de la république. Nous sommes loin d'une B.D à l'ancienne, mais c'est amusant de voir ce grand changement et d'imaginer une plus grande efficacité de mes dessins.
Distraction
Le but

On aura sans doute compris que l'immersion dans les maquis est un de mes pêchés mignons...
Ce tableau - Le but - a été un terrible casse tête ! Je l'ai repris une bonne vingtaine de fois, modifiant ou supprimant des détails dans ce grand tohu bohu alcoolique, m'échinant sur les problèmes de transparence ou d'anatomie, etc. Je songeais avec désespoir à la virtuosité d'un Robert Williams ! Bon, je sais que je pourrais encore améliorer cette image, mais j'ai peur en même temps de créer des modifications irrémédiables qui changeraient cette peinture un peu chaotique. Je l'aime bien comme ça, avec ses maladresses. C'est plutôt fidèle à la réalité de mon univers....
L'égarée

Retour à L'invisible... Le Centre Culturel Franco Nigérien Jean Rouch a programmé mon exposition pour le 19 octobre ! Je suis évidemment pris de court ! Mais c'est sans doute plus électrique comme ça...
Je me mélange les pinceaux, tenté de créer des images de nature fantastique, ou de raconter des bribes d'histoire façon B.D, ou encore de céder à un penchant contemplatif avec des peintures bucoliques.
L'égarée (titre de ce tableau) sort d'une longue histoire qui m'occupe depuis longtemps. C'est une princesse peul, abandonnée et perdue, qui est confrontée à toutes sortes de défis.
Jolie leçon
jeudi 1 octobre 2009
Une bande dessinée pour les villages
Je me suis également longuement interrompu dans mon aventure en peinture parce que j'ai eu l'opportunité de gagner quelques sous dans le cadre d'une réalisation collective. C'est Kadri, un des peintres les plus connus de Niamey, qui m'a mis sur ce bon plan. Il s'agissait de réaliser 125 planches didactiques de B.D-Affiche pour la prévention du Sida pour les villages de brousse. Le travail était commandité par l'ONG RAIL-SIDA. Kadri a formé une équipe qui a travaillé avec des méthodes collectives. Nous étions cinq : Kimba Hima, Boubakar, Saminou, Kadri et moi-même. Tous membres, à mon exception de l'association des "peintres naïfs" de Niamey (une définition assez floue). Il a fallu d'abord réaliser des dessins, les mettre en couleur pour vendre le projet à l'ONG, puis les reproduire à l'aide d'un carbone sur une toie, et, enfin, les finaliser avec de la peinture à l'huile. Le résultat est assez joli. Plus tard, les peintures seront skannées et imprimées dans un grand cahier de format calendrier qui sera exposé et commenté dans les villages.
Tchéri

Tout ça m'a fait longuement perdre de vue et mon livre de B.D et mon exposition de peintures. J'ai quand même réalisé quelques tablotins, mais aucun n'est vraiment terminé. C'est ma spécialité... Voilà une deuxième version d'une précédente peinture - La Croisette. Instant rare et nostalgique d'un moment de fête dans un maquis au bord du Fleuve. "Tchéri" c'est le nom d'une danse. Cela veut dire "casser" en zerma. Il manque un rayon de lumière surnaturelle qui touche la surface de l'eau.
A la peine

Nous ne sommes pas encore passés à l'acte final de réalisation. C'est très dur d'aller jusqu'au bout : les maladies, le manque radical d'argent et la démoralisation. Mais nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout, convaincus que notre charge de caricaturiste aura du succès auprès des Nigériens, qui ont bien besoin de rire.
Politique western


Alfred a conçu un récit de western. Ce n'est pas tant pour nous complaire dans la dérision, mais plutôt pour garder en mémoire les épisodes du Tazartché - bouleversement historique traversé par le Niger -, avant que nous entrions dans une nouvelle ère indécise. Nous avons longuement tâtonné pour définir le style général - une bande dessinée à l'ancienne - et trouver la formule la plus simple, la plus efficace et la plus juste vis à vis de nous mêmes et de nos compatriotes.
mercredi 30 septembre 2009
Une saison maussade
La saison des pluies se termine. Juillet et août ont été des mois particulièrement difficiles au Niger en raison des événements politiques considérables qui y sont survenus. De plus, c'est aussi la saison des maladies (avec des noms se terminant en grands ismes) dont nous avons été victimes Alfred et moi, alors que nous avions mis les bouchées doubles pour trouver des réponses artistiques au changement de donne politique.
Alfred Dogbé est mon voisin de quartier. Il est aussi l'écrivain actuel le plus intéressant, le plus civique aussi. Nous nous sommes lancés dans le projet de réaliser un encart de presse pour raconter en B.D - avec des dessins de caricature - les épisodes successifs du "putsch constitutionnel" opéré par le Président de la République dans la dernière ligne de son mandat.
jeudi 9 juillet 2009
La bande à Rouch
La chasse au lion à l'arc
jeudi 25 juin 2009
Gaya
L'idole
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